ALPI
 


Vous êtes dans: Pratique+Utile L'actu NTIC

Il obéit à vos pensées !

Les prochaines années vont sans doute marquer une évolution spectaculaire des interfaces homme-machine…

Peut-être avez-vous expérimenté ces fameux périphériques, essentiellement destinés aux jeux vidéo qui interprètent vos postures afin de les traduire en action (pour renvoyer une balle par exemple ou animer votre avatar à l’écran) ?
Vous connaissez aussi sans doute ces applications utilisant la réalité augmentée et la reconnaissance faciale, capables de reproduire une expression simple sur votre avatar, comme un clignement de l’œil, un sourire ou un mouvement des lèvres ?

Ces applications sont basées sur la détection de gestes ou d’expressions : si elles paraissaient spectaculaires il y a quelques temps, elles se sont aujourd’hui largement banalisées…

Mais que diriez-vous de piloter une application … rien que par votre volonté ?


Commandez au doigt, à l’œil, et maintenant à la pensée !

C’est le domaine sur lequel se sont penchés plusieurs laboratoires depuis quelques années, avec, depuis peu, des résultats concrets…

Ces interfaces, appelées « neuronales » exploitent tout simplement l’activité électrique du cerveau, mais rassurez-vous : il n’est point question de vous ouvrir le crâne pour y loger des implants ou de vous barder la tête d’électrodes reliées à une myriade de fils ! Aujourd’hui, les premiers casques neuronaux équipés de gyroscopes et de capteurs sont disponibles sur le marché : ils sont légers, sans fils et coûtent environ 200 €!

Comment ça marche ?

Ce genre de dispositif fait appel à des procédés basés sur l’électro-encéphalographie (EEG) utilisée depuis longtemps dans le domaine de la médecine. Cette technologie, autrefois très onéreuse, se démocratise désormais, pour être accessible demain au grand public. Du point de vue fonctionnel, le dispositif agit sur deux domaines : l’émotionnel et le cognitif.

Ainsi, le système est capable d’analyser l’état émotionnel de l’utilisateur (stress, colère, tristesse), mais il peut aller plus loin en reconnaissant certaines de ses pensées.
Ici, cependant, pas de « miracle », il convient de passer par une période d’apprentissage du logiciel. Concrètement, il suffit, pour le « cobaye », d’enregistrer une pensée pendant un temps déterminé, puis de l’associer à une action. Une fois la règle acquise, il devient possible de faire exécuter l’action simplement en pensant à l’idée associée : magique !

Outre les jeux auxquels on pense immédiatement, ces interfaces ont un grand avenir dans le domaine du handicap, et il est probable qu’elles s’imposeront aussi dans d’autres secteurs dont nous n’avons pas encore idée …

Pillage de pensées …

Si cela relève aujourd’hui plutôt de la science fiction, l’utilisation de ce genre d’équipement risque de se banaliser par la suite …

On imagine les conséquences en matière de vie privée si ces derniers devaient être victimes de piratages ! Il existe d’ailleurs déjà outre-Atlantique un vocable pour qualifier ce genre d’atteinte : le « brain hacking » (piratage de cerveau).

Une expérience concrète a d’ailleurs d’ores et déjà été menée à ce sujet par plusieurs universités, et les résultats ont été plutôt convaincants. En faisant défiler à l’écran des informations composées de chiffres, de plans, de photos, les chercheurs ont pu déduire un certain nombre d’informations plus ou moins sensibles à leur propos, comme leur code PIN, leur date de naissance, le nom de leur banque, etc.

On imagine immédiatement les effets que pourraient générer un programme malfaisant inclus par exemple dans un jeu immersif ! Devrons-nous alors nous doter aussi de systèmes anti-intrusions neuronales ?...

Quelques références disponibles ou à l’état de prototypes :

http://www.neuroelectrics.com/
http://mindflexgames.com/
http://www.neurosky.com/
http://www.emotiv.com/
http://www.ted.com/talks/view/lang/fr//id/921
http://www.dailynaute.com/embed/2223/3/?title=1

L’étude « faisabilité des attaques transversales avec des interfaces de Cerveau-Ordinateur ».



Infos légales >