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L’univers Windows 8 : à bon entendeur !

A l’heure où Microsoft se livre à son forcing media habituel lors de la sortie de produits stratégiques, il convient d’apporter quelques précisions à propos de son nouveau système Windows 8 et de ses capacités convergentes ( 1 ) …

C’est assez exceptionnel pour être noté, Microsoft mène une offensive tous azimuts, qui pourrait s’avérer décisive pour son avenir. Un système d’exploitation tout neuf, marquant une rupture avec ses prédécesseurs d’une part, et d’autre part la sortie d’une tablette tactile maison, en contradiction avec les habitudes de la firme de Redmond, qui préfère généralement laisser la fabrication des machines aux géants du hardware…
Microsoft n’en est malgré tout pas à son premier coup dans la fabrication de matériels, puisque la console « Xbox 360 » et le système « Kinect », lui ont déjà permis de s’imposer dans le monde du jeu, avec le succès qu’on connaît ( 2 ) …


Windows 8 : la rupture ergonomique

Il y a peu de temps, l’ordinateur représentait la seule porte d’entrée du monde numérique. Ce postulat a successivement été battu en brèche par l’arrivée des premiers Smartphones, tablettes, consoles de jeux et autres SmartTV…

Microsoft a pris un retard certain en matière d’OS pour mobiles et tablettes, Windows étant conçu depuis sa sortie pour fonctionner sur ordinateur. Windows 8 se veut désormais universel, et pour cela, il doit s’accommoder des exigences des différents terminaux, notamment du point de vue ergonomique (écrans de taille réduite, absence de clavier…). Cette contrainte a conduit à un lifting assez poussé de l’interface, désormais plus adaptée au « tactile », à base de « tuiles », baptisée un temps Métro ( 3 ), puis Modern UI (User Interface).

Du coup, ce sont les utilisateurs de PC qui s’insurgent : ils ne reconnaissent plus « leur » Windows et fulminent notamment à propos de la suppression du sacro-saint « menu Démarrer », sacrifié sur l’autel de l’harmonisation des interfaces homme-machine ( 4 )… Ce grand écart va, à coup sûr, générer une période de transition où le système vedette de Microsoft risque d’être fragilisé vis-à-vis de ses concurrents…

Le tactile refait « Surface »

Beaucoup ne s’en souviennent pas, mais Microsoft a déjà vécu il y a 10 ans une expérience avec l’univers du tactile (Tablet PC), qui, il faut bien le reconnaître, peut être considérée comme un échec. Il faut dire que les engins de l’époque, équipés du système « Windows XP Tablet PC Edition », étaient proposés à la vente pour une somme rondelette allant de 1200 à presque 2000 euros !

Prenant exemple sur ses concurrents directs, le numéro 1 mondial du logiciel a décidé de produire lui aussi une machine pour faire fonctionner son dernier OS : il s’agit de la tablette tactile « Surface ».

La conception de ce nouvel engin laisse transparaître le long passé de Microsoft dans le monde du micro-ordinateur. Ainsi, la Surface est un engin atypique face à la concurrence : mi tablette –mi PC. De celui-ci, il garde quelques caractéristiques, à commencer par l’astucieux couvercle protecteur qui fait en même temps office de clavier clipsable par aimantation. Ce dernier n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui du premier Thomson TO7, à l’époque déjà insensible aux petits accidents du quotidien, comme le versement accidentel d’une boisson...

Autre détail révélateur du positionnement intermédiaire de la tablette Surface : la présence conjointe d’un port USB, d’un emplacement cartes microSD et d’une sortie vidéo micro-HDMI ce qui n’est pas le cas du côté de la concurrence… Il est même possible d’étendre la mémoire, alors que nombre d’appareils du marché n’offrent pas cette possibilité …

Une surface pourrait en cacher une autre ?

Traditionnellement attaché à la plateforme « x86 », créée par Intel, Microsoft déroge encore une fois à ses habitudes en s’ouvrant à l’architecture concurrente « ARM ». Une version de son dernier système lui est d’ailleurs spécialement dédiée : Windows 8 RT, non compatible avec la version « x86 » classique (voir l’encadré).

Contre toute attente, Windows pourra équiper des machines basées sur des processeurs d’architecture différente, mais contrairement à ce qu’on aurait pensé, ce n’est pas une première, puisque Windows NT, dont les versions initiales sont sorties en 1993, supportait à l’époque les plateformes « RISC » …

Ainsi, il n’y aura pas une, mais deux tablettes Surface commercialisées, car outre le modèle ARM, un autre, basé sur un processeur Intel Core i5 (donc dans la tradition x86) sera disponible.

Pourquoi proposer deux modèles ?

 

Les différentes versions de Windows 8
Windows 8 RT
Version destinée exclusivement aux machines « ARM »
Windows 8
Version destinée à l’usage domestique ou les petites entreprises
Windows 8 Pro
Version incluant des fonctionnalités avancées, notamment en matière de réseau.
Permet la mise à jour d’une version antérieure de Windows.
Propose gratuitement le Media center
Windows 8 Entreprise
Version exclusivement réservée aux grands comptes.

Tout simplement parce que la solution défendue par Intel est plus énergivore et plus encombrante. Résultat : la tablette Surface basée sur cette technologie, bien que pourvue d'un écran plus performant, sera plus lourde (+200 g environ), plus épaisse (+4mm), et avec une autonomie réduite de moitié, ce qui tend à s’éloigner des canons imposés par les tablettes concurrentes … Ajoutons que les deux produits ne seront pas commercialisés au même prix : si la Surface RT est d’ores et déjà proposée à moins de 500 euros, il faudra vraisemblablement se délester de près de 200 euros de plus pour acquérir la version « Pro »…

Plus surprenant encore, la première tablette surface à être commercialisée est celle animée par le jeu de composants ARM ! Cela montre bien que Microsoft entend dès le départ concurrencer l’existant sur son propre terrain. La version « Pro », quant à elle, ne devrait pas être disponible avant le mois de janvier ou février 2013…

A bon entendeur …

Du coup, on peut se demander quel intérêt le consommateur pourrait trouver à acquérir une machine plus encombrante, avec une autonomie plus faible et pour un tarif plus élevé ?
La réponse est fort simple, seules les tablettes animées par une version Windows 8 « classique » pourront faire tourner les applications x86. Contrairement à la Surface « Pro », il est donc hors de question d’installer sur une Surface RT les logiciels dont on disposait déjà sur Windows 7 ou une version antérieure… Pour la RT, il faudra obligatoirement acquérir ses logiciels depuis le « Windows store » intégré à Windows 8, à l’instar de ce que proposent ses challengers, l’App store ou le Google Play…

On l’aura compris, un consommateur averti en valant deux, il convient donc de choisir clairement son camp à propos de la tablette Surface, en espérant que les vendeurs sauront traduire toutes ces nuances auprès de leurs clients, car dans le cas contraire, cela pourrait générer chez ces derniers quelques frustrations bien légitimes …

(1) La convergence implique de disposer d’une interface unifiée, quel que soit le terminal (PC, Smartphone, tablette, console…).
(2) « Xbox 360 » a été écoulée à plus de 70 millions d’exemplaires dans le monde, et « Kinect » en est à près de 20 millions…
(3) Microsoft a semble t-il craint un risque de confusion avec la célèbre enseigne allemande de distribution réservée aux professionnels…
(4) Microsoft a, depuis la version 8.1, pris en compte ce problème en rajoutant un bouton baptisé « Start tip », destiné à remplacer le défunt bouton « Démarrer »...


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